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C'est quoi ce travail...


François-Xavier SEREN

Trois questions ont été posées à des hommes et des femmes venant d’horizons très divers : Que représente pour vous le travail ? L'avez-vous choisi ? Combien de temps y consacrez-vous ? Qu’il soit passion, vocation, nécessité ou corvée, la perception du travail exprime d’abord le rapport que les hommes entretiennent avec la société dans laquelle ils vivent. Chacun de ces témoignages révèle en filigrane des idéaux, des conditionnements, des engagements, des frustrations. C’est quoi, ce travail ? Avant tout, un travail sur soi-même.


 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0170959

Michel Amandry, 59 ans, directeur du département des Monnaies, Médailles et Antiques de la Bibliothèque nationale de France et enseignant-chercheur. 1) Que représente pour vous le travail ? Le plaisir d'abord. Le jour où je n'aurai plus plaisir à regarder des monnaies, il faudra que je songe à une reconversion! Le plaisir de transmettre un savoir, car j'enseigne à l'Ecole Pratique. Le plaisir de rencontres avec des collectionneurs, espèce très particulière. Certains sont devenus des amis et ont beaucoup compté ou comptent encore beaucoup dans ma vie professionnelle et personnelle. Il faut juste savoir où mettre des limites. Des emmerdements aussi, car parfois la rigidité d'une structure comme celle de la Bibliothèque nationale de France fait que les choses ne vont pas toujours aussi vite qu'on le souhaiterait. Enfin, sans doute la vanité de laisser une oeuvre scientifique importante et qui, je l'espère, sera utile (pas tout) aux générations futures. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? Je suis tombé dans la marmite à sesterces dès l'adolescence. Le terrain familial y était favorable avec un père archéologue et un arrière- grand père maternel vivant à Alexandrie, collectionneur de monnaies. Je ne l'ai pas connu mais j'ai encore les quelques pièces romaines qu'il avait gardées, après malheureusement s'être séparé des plus précieuses. Des études de lettres classiques à Strasbourg, où j'ai grandi, avec un professeur de latin qui avait fait sa thèse sur le monnayage républicain romain et qui donc enseignait la numismatique au niveau de la maîtrise (on dirait master 1 aujourd'hui). Une thèse de 3e cycle (cela n'existe plus) avec G. le Rider qui dirigeait le Cabinet des médailles et qui allait devenir, en 1975, l'Administrateur général de la Bibliothèque alors seulement Nationale. A la sortie, un poste au Cabinet des médailles au 1er octobre 1978, voilà donc trente ans, et sa direction depuis

Paris, France - 13/10/2008

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0333796

Stéphane Birman, 60 ans, attaché de presse. 1/Que représente pour vous le travail ? Le travail, et plus spécialement le travail en entreprise, représente pour moi un contrat qui lie un individu avec un groupe de personnes. Chacun a sa place, effectue une tâche ou se voit confier une mission avec pour objectif commun la réalisation d’un produit fini, pour le contentement des acheteurs et la satisfaction des actionnaires. Ma tâche à moi a consisté à faire-savoir ce savoir-faire dans le secteur des métiers liés à la mode et au parfum. J’ai occupé tout d’abord un poste d’attaché de presse durant les années « Marc Bohan » qui précédèrent l’arrivée de Monsieur Bernard Arnault. A cette époque, dès le pas franchi la porte de la boutique avenue Montaigne, flottait déjà les effluves d’une grande maison de couture au premier étage. Aujourd’hui, ce rez-de chaussée est un capharnaüm d’accessoires ! 2/Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui ? Si je n’ai pas choisi plus avant le poste de travail qui est et reste celui d’attaché de presse, en revanche il ma été donné de choisir, entre autres marques comme Roget & Gallet, au sein de groupe Elf Sanofi-Beauté les marques de parfum liées aux couturiers américain Oscar de la Renta et Geoffrey Beene. Le choix de mon travail s'est fait naturellement, sur le tas, n'ayant pas fait d'études supérieures, pas de diplômes. Sans savoir ce que je désirais vraiment, j'ai quand même fini comme directeur de communication chez Sanofi. C'est vrai que mon oncle, Raymond Alexandre, qui était chef du protocole du festival de Cannes et producteur des films d'Otto Preminger pendant les années 60 à 80, m'a permis de côtoyer très jeune le monde de la communication. Fils de bonne famille, j'ai été privilégié par mon environnement familial et par l'éducation que j'ai reçu. Enfant et adolescent, j'assistais à toutes les premières de cinéma, de théâtre, des défilés de mode, je rencontrais des créateurs de mode et des artistes. Donc j'ai cho

Paris, France - 28/12/2010

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0167171

Laurent Courtois, 37 ans, éboueur de la Ville de Paris. 1) Que représente pour vous le travail? Je suis un peu autonome car je paie mon loyer, mais mon salaire n'est pas suffisant. Je suis en arrêt maladie depuis début juin et je ne touche plus les primes car je ne travaille pas en ce moment. Pour vivre mieux je fais la manche à la gare du Nord. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? Non. Je fais ce qu'on me demande de faire, je vais dans telle ou telle rue ou on me dit d'aller. Autrefois, j'étais musicien de jazz, je jouais dans des piano-bars et je fonctionnais au chapeau. Ensuite j'ai travaillé chez Paul Beuscher (magasin de musique sur le boulevard Beaumarchais) pendant cinq ans. 3) Vous y consacrez combien de temps? Ca m'occupe trente-cinq heures par semaine. C'est un travail physique donc le reste du temps me permet de me reposer.

Paris, France - 17/09/2008

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0166815

Anne BIZEUL, 47 ans, directrice de l'association intermédiaire Optim Emploi. 1) Que représente pour vous le travail ? Travailler permet d’assurer son indépendance financière et d’avoir une place au sein de la Société. Travailler et avoir un métier pour lequel on a de l’intérêt permet un plein épanouissement de sa personnalité. Diriger une association intermédiaire, dont l’activité est au carrefour de l’économique et du social, c’est être créatif, être toujours en éveil, curieux, attentif, toujours enthousiaste, c’est mettre son intelligence, son énergie, et ses qualités humaines au service de toute son équipe, et aussi dans la relation avec ses clients, ses partenaires… Travailler, c’est donner du sens à sa vie, c’est se sentir utile à la société. 2) Avez-vous choisi le métier que vous exercez ? Oui, pleinement et de plus en plus heureuse de l’exercer. 3) Vous y consacrez combien de temps ? En moyenne, 40 à 45 heures par semaine.

Paris, France - 15/09/2008

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0333750

Bérénice Galimard, 35 ans, costumière de théâtre et artiste plasticienne. 1) Que représente pour vous le travail ? Un doux mélange de langages riches et d’échanges... Pouvoir découvrir à chaque création un nouvel univers, offrir une nouvelle peau aux personnages, défendre des idées, les rencontres à travers tout ce panel artistique... Puis il y a les tableaux dont émane un travail plus personnel, un habillage papier en quelque sorte qui vient vêtir une thématique, une sensation, une rencontre émotive bref une continuité dans ma démarche artistique. Le fait d'avoir deux univers m’apporte beaucoup d’équilibre, quitter un état créatif afin de rentrer dans une nouvelle phase d’expression, commanditée ou non... 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui ? Oui et non. Je voulais me destiner au milieu de la mode. C’est sans doute la rencontre avec les artistes formés par Marcel Marceau qui m’a révélée. J'étais subjuguée par leur art et c’est à ce moment précis que l’envie créative m’a conduite à l’élaboration de leurs costumes. C'est par amour du mime que je suis devenue costumière. 3) Combien de temps y consacrez-vous ? Tout cela est très intemporel, dix minutes à douze heures, la loi de la création ! C’est souvent Morphée qui vient m'arrêter !

Paris, France - 14/01/2011

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0333724

Thierry Swiecki, 44 ans, boulanger. 1) Que représente pour vous le travail ? Une obligation pour gagner ma vie. On ne peut pas rester sans rien faire... 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd’hui ? Non. Je voulais être cuisinier mais je n’étais pas assez fort. Alors j’ai commencé une formation pour être réparateur en carrosserie mais j’ai été viré du lycée professionnel parce que ça ne me plaisait pas.. Ma famille était dans la pâtisserie alors, finalement, j’ai opté pour ce métier et j’ai fini comme boulanger; ça fait maintenant vingt-six ans. Ca me rapprochait de la cuisine, je travaille quand même dans l’alimentaire... J’aime mon métier mais j’ai envie de changer. J’aimerais monter une pizzeria ou une restauration rapide. Je serais autonome et comme ça je bosserais dans la cuisine. Monter mon affaire dans le Sud, à Montpellier par exemple. 3) Combien de temps y consacrez-vous ? Beaucoup de temps, le mercredi, le jeudi et le vendredi, je commence à 6 heures et je termine à midi. Le samedi et le dimanche, je commence à minuit jusqu’à 14 heures. Le lundi, je travaille de 2 heures du matin jusqu’à 12 heures. Mardi repos. Je fais plus de siestes que de véritables nuits de sommeil, je dors beaucoup pour récupérer... Je n’ai pas beaucoup de temps pour sortir. Maintenant que je vis seul, ce n’est pas trop gênant. Mais, avant, j’étais marié, et mes horaires décalés, plus l’alcool, ont coulé mon couple. J’ai trois enfants qui vivent avec leur mère dans le Nord dont je suis originaire. Je ne les vois presque plus. Mais j’ai arrêté de boire il y a dix mois.

Paris, France - 21/10/2010

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0340942

Charles-Efflam Heidsieck,49 ans, Compositeur néo-classique & Relations Publiques. 1) Que représente pour vous le travail ? Un moyen quotidien de transformer des contraintes en opportunité ! Enfant, j’avais un “ceveu” sur la bouche, j’étais dyslexique ! L’EFAP (l'Ecole Française des Attachés de Presse) m’a permis de devenir... un “communiquant professionnel”. Un moyen d’améliorer ses connaissances et même parfois de se dépasser soi-même ! J’ai composé un concerto pour trompette, piano et cordes, intitulé Champagne Concerto, et cela en autodidacte, et nourri mon rêve de devenir un jour chef d'orchestre. Un moyen d’autonomie. S’émanciper des servitudes de l’existence par le biais de l’argent honnêtement gagné n’est pas si sot ! Mais ce n'est pas un mode d'intégration, je suis en total décalage par rapport à cette valeur. Mon épanouissement se réalise par le savoir-vivre et l'amour de "son" travail. Ma morale du travail est celle-ci: "Si c'est pour mal faire, il est urgent de ne rien faire" ou alors comme me disait mon grand-père Heidsieck quand j'étais enfant : " Fais-le proprement si tu le peux,mais fais-le". 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui ? Oui ! J’ai eu le choix, même si c’est le hasard des rencontres, notamment avec Pierre Cardin, qui m’a fait commencer à me déployer dans le travail, à Londres au “Training management” du Savoy, puis Chez Maxim's à New York, ensuite à Paris. J’ai choisi librement les domaines d’intérêt et cela également par élimination : je ne me voyais pas astronome, chimiste, médecin, juge, cela étant... Non ! Mais paradoxalement, c’est encore mieux ! J’ai signé le PARE, conçu par Jean-Louis Borloo ! Au-mi temps d’un parcours professionnel déjà riche en expériences, on oriente ses recherche à partir d’un axe nouveau, mais qui vous est familier : “son hobby” ! Ici on a compris qu’il s’agissait de la musique ! A l’heure où la publicité pour l’alcool est interdite à la télévision en France... Eh bien, “vive le Champ

Paris, France - 04/12/2010

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0344692

Hafida Rebbani, 40 ans, adjointe de direction. 1/ Que représente pour vous le travail ? Le travail salarié selon Nietzche, constitue « la meilleure des polices » : « il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance ». Je pense que c'est pour cela qu'il est souvent associé à la peine et à la souffrance. Il provoque un conflit qui s'impose à nous, celui qui est lié aux contraintes de la survie et celui dont la fonction est de dépasser, de transgresser cette contrainte. 2/ Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui ? Non. C'est un travail "alimentaire", comme on dit, mais comme j'ai horreur de m'ennuyer, je le rends le plus possible attractif. J'ai la chance de travailler dans un milieu à la fois scientifique et culturel. J'essaye donc, dans la mesure du possible, de m'inscrire dans des projets intéressants. C'est ma victoire sur le travail. 3/ Combien de temps y consacrez-vous ? Le moins possible, j'aime ma liberté. Selon l’article L. 3121-1 du Code du travail, le temps de travail effectif est le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l’employeur et doit se conformer à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles. La notion de temps de travail est définie, dans le Code du travail, à l’aide de deux critères : la mise à disposition du salarié et l’atteinte à sa liberté de choisir ses activités. D’une manière générale, est considéré comme du temps de travail effectif tout temps qui répond aux deux critères légaux : disponibilité et absence de liberté.

Les Lilas, Seine Saint Denis, France - 13/04/2011

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0170274

Colonel Hervé Bizeul, 47 ans, commandant le Cours Supérieur d'Etat Major de l'Armée de Terre à l'Ecole Militaire. 1) Que représente pour vous le travail ? Le travail représente une grande part de ma vie sur le plan du temps que j’y consacre (parfois à mon corps défendant) et ma seule source de revenus. C’est donc non seulement une occupation majeure mais également un élément vital qui me permet de vivre matériellement. C’est aussi une source d’épanouissement et un moyen d’être relié socialement. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? Oui je l’ai choisi, je suis heureux de l’exercer. J’en ai été épanoui pendant près de trente ans. Je commence à être un peu lassé et j’aimerais me consacrer davantage à ce que j’ai délaissé pendant ces années : ma famille, la vie associative, la vie spirituelle... 3) Vous y consacrez combien de temps ? Cinq jours par semaine de 8 heures à 19 heures 30. Parfois plus quand je pars en opération (cinq fois quatre mois ces huit dernières années).

Paris, France - 02/10/2008

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0168517

Yvon Cornic, 54 ans, professeur de lettres classiques (français- latin-grec) au Lycée Claude Monet. 1) Que représente pour vous le travail ? Ce travail reste le meilleur moyen d'oublier mes problèmes, car, devant une classe, on n'a pas une seconde à soi. C'est aussi un moyen pour moi de faire partager mon enthousiasme pour la culture - avec un certain succès. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? J'ai d'une certaine manière choisi ce métier. A l'origine, mes parents m'avaient destiné à une carrière scientifique, étant bon élève dans toutes les disciplines (bac C/ latin-grec). Mais à 17 ans, en maths sup, j'ai souffert du manque des "humanités". J'ai donc suivi les cours d'hypokhâgne et de khâgne au lycée Henri IV et poursuivi mes études à la Sorbonne jusqu'au concours. Cela dit, j'étais aussi intéressé par la psychanalyse. 3) Combien de temps y consacrez-vous ? Mon travail me prend beaucoup de temps et d'énergie. L'aspect extrêmement rébarbatif de ce métier est la correction des copies (un quart d'heure par copie X 40 élèves X 3 classes...). En revanche, je prends beaucoup de plaisir à la préparation de mes cours, mais là, le temps ne se compte plus : on ne cesse jamais de travailler intellectuellement. Cela dit, le travail est devenu nerveusement intolérable en collège, dans tous les collèges.

Paris, France - 19/09/2008

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0169776

Julien Marquez, 26 ans, concepteur-rédacteur à l'agence de communication H. 1) Que représente pour vous le travail ? C'est que je ne suis plus au chômage. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? Non. 3) Vous y consacrez combien de temps ? En moyenne 200 heures par mois

Suresnes, Hauts de Seine, France - 29/09/2008

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0168309

Vincent Ladeveze, 36 ans, ingénieur en Informatique au chômage. 1) Que représente pour vous le travail ? C'est vaste et il y a plein de choses à mettre dans la notion de travail. J'ai le métier que j'exerce, c'est mon travail. Rechercher du boulot, c'est un travail à temps plein. Lorsque je bosse sur mon clown en improvisation avec mon atelier de théâtre, cela représente du travail. La quête de soi, c'est du boulot également. La notion de travail est assez large pour moi. 2) Avez vous choisi le travail que vous exercez aujourd 'hui ? J'ai choisi mon métier et j'ai choisi aussi la période de chômage que je traverse. Je choisis aussi de retourner dans le métier que j'ai exercé jusqu'à présent après un bilan de compétences, bien que je n'aie pas trouvé encore de réponses aux questions que je me pose. 3) Vous y consacrez combien de temps ? En ce moment, je pense passer au moins trente heures entre tout ce qui est visible (action) et ce qui ne l'est pas (réflexion) consacré à ma recherche d'emploi principalement.

Paris, France - 18/09/2008

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0333793

Philippe LAURENT, 47 ans, accompagnateur professionnel (coach), formateur et auteur-conférencier. 1) Que représente pour vous le travail ? Pour moi, le travail est un processus de transformation plus ou moins silencieux, plus ou moins douloureux, plus ou moins efficace, plus ou moins visible, mais qui a beaucoup de valeur. Le travail efficace ajoute de la valeur à la valeur. La personne qui travaille transforme une matière plus ou moins physique pour en faire autre chose : une nouvelle réalité au service de l'autonomie et de la liberté humaine. Le travail de l'éducateur ou du parent en est l'une des illustrations les plus magnifiques. En ce sens tout travail est respectable et peut procurer du bonheur à la personne si elle est engagée dans une dynamique de projet et goûte avec plaisir d'être en interaction avec les autres. Le travail n'est donc pas condamné à être un instrument de torture. C'est un moyen de réalisation de soi et des autres. Je ne le conçois pas comme un élément accessoire au bonheur de la personne mais comme une partie constitutive de ce bonheur. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui ? J'ai totalement choisi le travail que je fais aujourd'hui. Ai-je de la chance ? Bien sûr. Mais je crois avoir su saisir cette chance et aller jusqu'au bout de ce que je voulais faire. Là aussi, ce choix arrive au terme d'une maturation (qui continue). Totalement engagé dans la vie monastique pendant six ans (entre 18 et 24 ans), totalement engagé également dans l'industrie ferroviaire pendant seize ans, j'ai atteint mon objectif professionnel en passant cinq années en Chine. Une fois cet objectif atteint, ma question a été : que faire ? La réponse s'est imposée à moi : aider les autres à définir et à atteindre leur propre objectif professionnel en y donnant le meilleur d'eux-mêmes. J'ai pris le risque de quitter un emploi stable et confortable financièrement pour une activité très exigeante mais tellement passionnante ! 3) Combien de temps y c

Paris, France - 06/12/2010

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0341028

Barbara Nativel, 56 ans, Business Coach. 1/Que représente pour vous le travail ? C’est une interrogation d’une pernicieuse simplicité pour un coach. Depuis que j’exerce ce métier, je n’arrête pas de me poser cette question et d’y répondre par de multiples entrées. Le travail, vécu comme contraignant et pénible par certains de mes clients, ou au contraire gratifiant intellectuellement et socialement par d’autres. Moi, je boxe plutôt dans la deuxième catégorie et j’associe mon activité professionnelle aux notions de plaisir, de liberté de ton, de recherche intellectuelle, de découvertes de nouvelles méthodes. J’aime échanger avec mes pairs, mettre en place des formations plutôt décoiffantes et, plus que tout, rencontrer des gens avec une formidable qualité d’échanges relationnels comme peu de professions peuvent le permettre. 2/Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui ? Non. En fait, il est venu un jour à moi comme une évidence au cours d’une conversation entre amis. Il y a quelques années, j’ai effectué un bilan de compétence pour faire le point sur ma vie professionnelle. Mon métier de consultant commençait à m’ennuyer, j’en avais fait le tour. Je déteste viscéralement m’ennuyer. Ce bilan, m’a paradoxalement aidé aussi à trouver une nouvelle voie. Paradoxalement, car j’étais vraiment insatisfaite de la manière dont il fut conduit et du coup j’ai beaucoup réfléchi à comment s’y prendre pour aider les gens à faire ce qu’ils ont vraiment envie de faire dans la vie. Quand j’arrive à ça avec mes clients, je suis super contente, je plane, j’ai des ailes et je sais que je suis dans ma vie à la place qui est la mienne. 3/Combien de temps y consacrez-vous ? Impossible à dire, mais je travaille beaucoup, en fait. Comment définir réellement le temps passé à réfléchir, concevoir, lire, écrire, toutes choses qui font partie de mon job ? Je le fais en pleine liberté et quand c’est trop, je lâche et je vais me ressourcer au bord de l’océan. Un rituel que j’a

Paris, France - 08/02/2011

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0166748

Jacques Deroo, 55 ans, éducateur et travailleur social, président de l'association "Salauds de Pauvres". 1) Que représente pour vous le travail ? Pour moi, mon travail est aussi mon plaisir et une forme de liberté. J'ai la chance de réaliser ma passion à travers mon travail. J'ai créé l'association "Salauds de Pauvres" pour m'occuper des autres, ceux qu'on oublie parce qu'ils sont pauvres et qui n'ont rien. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? Non, mais aujourd'hui c'est ma vie. J'ai passé deux CAP, serrurerie et soudure, puis j'ai été brocanteur et "pilleur de châteaux". J'ai été en prison pendant sept ans et demi. Après, ça a été la rue avec l'alcoolisme qui va avec. Grâce à l'Armée du Salut où j'ai longtemps été bénévole à l'Orillon (centre d'hébergement) et où j'ai rencontré Patricia, ma compagne et mère de mes trois filles, j'ai attrapé le "virus du social". J'ai donc passé mon diplôme d'éducateur et de travailleur social. Aujourd'hui, je fais des maraudes la nuit pour apporter des couvertures et des boissons chaudes à ceux qui sont à la rue. Grâce à la GALEC, centrale d'achat de Leclerc, qui me donne son surplus, je distribue des fringues, des meubles ainsi que de l'électroménager pour les particuliers les plus démunis et des associations sociales (Aurore, UDAF etc.). L'hiver va être encore une fois dur à vivre pour ceux qui dorment dehors. Je sais de quoi je parle, j'ai perdu mon logement dans le XIIe arrondissement au début de l'année 2010 parce que j'y hébergeais trop de monde en plus de ma famille et aujourd'hui, je me retrouve avec ma famille dans un petit hôtel minable à 700 euros par mois au centre de Paris dans le XIe. 3) Vous y consacrez combien de temps ? Au moins dix heures par jour. Mais à l'époque de la création du Village de l'Espoir, en mars 2007, juste après les événements du canal Saint-Martin de décembre 2006, je travaillais toute la journée et une bonne partie de

Paris, France - 01/07/2011

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0343734

Marie-Claude Eudaric, 39 ans, plasticienne plein temps, barmaid ferroviaire mi-temps, correspondante culture quart-temps. 1) Que représente pour vous le travail ? C’est apprendre à respecter la loi de la "caution alimentaire fixe". Tout commence ici par cette dette avec, sur la facture, une double nécessité en ce qui me concerne. Oui, je suis cette artiste-peintre de la nécessité aussi. C’est mon autre monde du travail. Et si dans ce monde la réalité est mienne, créée, réinterprétée avec d’autres couleurs, d’autres matières, je fais toujours ce même constat : le besoin de me nourrir est au-dessus de tout. Dès lors la question était de trouver un pas de deux entre un job stable et un autre, bien moins stable, que celui de plasticien. J’ai donc accepté la pirouette d’être barmaid ferroviaire qui me garantit ce fixe financier dans un espace en mouvement donc propre au lâcher prise du processus créatif. Quant à cette nouvelle casquette de correspondante culture, j’ai été séduite par le fait de travailler à la mise en relief d’autres artistes. Je travaille dans ce domaine par solidarité, voire curiosité. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd’hui ? Non, pour aucun des trois métiers que j’exerce aujourd’hui. Avec une nuance tout de même pour mon métier autour de la création, choisi mais en cours de chemin de vie. A vrai dire, je n’ai jamais été cette enfant qui rêvait d’être ceci ou cela. Non, j’ai exercé à l’instinct, selon le besoin de l’instant. J’ai d’ailleurs retardé l’échéance au maximum. Après ma maîtrise en langues étrangères appliquées au droit international, mon père m’a offert une année sabbatique à Londres. Et j’en ai profité pour avoir le choix, justement, de ne surtout pas travailler, comme un ultime sursis. 3) Vous y consacrez combien de temps ? Un temps infini. C’est insupportablement bon de faire corps avec la foi qui vous anime pour créer. Insupportable car à aucun moment il n’est p

Paris, France - 28/03/2011

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0167520

Emmanuelle Diethelm, 52 ans, directeur de marché au Crédit Coopératif. 1) Que représente pour vous le travail ? Un métier ou disons pour moi, ma profession de banquier que j'exerce depuis 30 ans. Pour moi c'est avant tout accompagner et financer des clients que je connais depuis longtemps. Ce qui me plait dans mon métier c'est la relation avec les clients, leur fournir les financements et les services dont ils ont besoin pour se développer ; c'est une relation de partenariat dans la durée ; je connais certains depuis plus de 10 ans et je les ai vus s'agrandir et faire évoluer leur activité. C'est important comme une famille qui vous accompagne tout au long de la vie ; ma famille professionnelle ce sont tous ceux qui reconnaissent mes compétences et mon expérience du métier de la banque ; cela me permet de réunir ensemble tous les moments de la vie professionnelle qui se succèdent au jour le jour, souvent dans le désordre ; c'est un accomplissement, à posteriori c'est vrai, dommage... 2) Avez vous choisi le travail que vous exercez aujourd 'hui ? Non et oui. Non, parce que quand j'avais 20 ans je ne rêvais pas d'être banquier ... 0ui parce que je suis restée dans ce métier et que décidément il me plait. 3) Vous y consacrez combien de temps ? Le matin et l'après midi du lundi au vendredi, pendant certaines périodes difficiles j' y pense le week end, la nuit .... mais pas trop souvent !!! Depuis plus de 30 ans , c'est pas mal, non ?

Paris-La Défense, France - 18/09/2008

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0340945

Nicolas du Mesnil du Buisson, 55 ans, imprimeur d'art. 1) Que représente pour vous le travail ? L'indispensable. Ceci dit, on a été élevé comme ça. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui ? Oui, mais avant j'ai commencé par des études de médecine pendant deux ans. J'ai changé de voie parce que je ne supportais pas les malades. James Coignard, peintre, céramiste, sculpteur et graveur, m'a fait découvrir le monde de l'art et je le considère comme mon maître à penser, et aussi son ami Henri Goetz grâce notamment à sa découverte d'un nouveau procédé de gravure, la technique du carborundum, en 1968. Je me suis associé avec mon meilleur ami, Pascal Gauvard. Nous avons donc créé l'Atelier Pasnic en 1978 et grâce à James Coignard et Max Papart, nous avons pu collaborer avec de nombreux artistes. Une très belle aventure. J'imprime des oeuvres originales d'artistes et je suis également éditeur, en tirage très limité, auprès d'artistes que je choisis. Parfois, je fais des travaux un peu plus commerciaux. Cela fait maintenant trente ans que je suis ici, dans cet atelier, et je suis toujours indépendant. 3) Combien de temps y consacrez-vous ? Je travaille à mon rythme mais généralement je suis à l'atelier de 9 heures 30 jusqu'à 18 heures. Tant que je paie mes charges et qu'on ne m'emmerde pas, tout va bien.

Paris, France - 15/01/2011

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0169557

Philippe Steinberg, 52 ans, docteur en chirurgie dentaire. 1) Que représente pour vous le travail ? Le travail est une liberté dans la mesure où je suis libéral...il assure une fonction sociale et valorisation de soi importante...il me permet de gagner ma vie en assurant le bien autour de moi puisque j'ai un métier de santé...et de redistribuer mes ressources pour le bien de ma famille.... 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? Oui, j'ai choisi très jeune de devenir dentiste, c'est en voyant un cabinet dentaire que j'ai décidé de ma carrière... 3) Vous y consacrez combien de temps ? Je travaille 42 h par semaine..

Paris, France - 24/09/2008

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0166701

Patricia Blais, 50 ans, agent d'entretien à l'association "Cœur des Haltes". 1) Que représente pour vous le travail ? Mon travail me permet de m'évader de mon quotidien et de valoriser ma vie. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? Non, je n'ai pas choisi mon travail. Il n'est que la continuité de ma rencontre avec Jacques Deroo, le père de mes trois enfants. 3) Vous y consacrez combien de temps ? Trente-neuf heures par semaine.

Paris, France - 23/07/2008

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0341058

Georges Teboul, 58 ans, avocat à la Cour, membre du Conseil de l'Ordre. 1) Que représente pour vous le travail ? La volonté d'être utile,constructif, de créer les conditions d'un rapprochement entre des personnes éloignées par le conflit. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? J'ai procédé à des choix successifs, car mon travail n'a cessé d'évoluer. A chaque fois, j'ai voulu adapter mon travail à ce que je souhaitais faire. 3) Combien de temps y consacrez-vous ? J'ai plusieurs tâches et le total du temps passé vous paraitrait sans doute déraisonnable. Pour ma part, je ne vois pas le temps passer, car j'aime ce que je fais.

Paris, France - 09/12/2010

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0340943

Caroline de Kergariou, 51 ans, auteur et metteur en scène. 1) Que représente pour vous le travail ? Le travail est pour moi le contraire d'une valeur (positive, j'entends). Tronçonné en heures, effectué par des numéros interchangeables... Quand je pense à la sophistication de la machinerie humaine, le travail vu de cette manière (et je crains que cette vision ne soit majoritaire dans le monde) m'apparaît comme une aberration, pour ne pas dire une monstruosité. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui ? Il serait plus juste de dire que c'est lui qui m'a choisie. A chaque fois que je me suis éloignée de l'écriture, un hasard, une rencontre ou même l'incapacité totale à fonctionner dans le monde classique du travail m'y ont ramenée par la peau du cou. Maintenant, j'ai cessé d'essayer de faire la maligne, j'écris. Après tout, c'est ce que je sais le mieux faire au monde. 3) Combien de temps y consacrez-vous ? Tout mon temps, même si ce n'est pas de la même façon qu'une caissière de supermarché. Car à côté des moments "visibles" de travail, ceux que je passe à taper sur mon ordinateur, il y a ceux où je me documente (de loin, je ressemble à quelqu'un qui serait plongé dans un bouquin passionnant, et c'est d'ailleurs le cas, mais le choix de ce livre répond à un objectif purement professionnel), ceux où je reste assise sur mon canapé en fixant le vide d'un oeil glauque (période recherche d'idée...), etc. Un artiste n'a pas de temps de travail et de temps de loisir tranchés, il est toujours sur le pied de guerre, même s'il est en train de bronzer sur la plage, car les idées peuvent surgir, sans crier gare, de tout comme de rien.

Paris, France - 31/01/2011

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0226171

Stéphanie Chanot, 34 ans, directrice de Château Moyeau ( ce qui veut dire que je fais presque tout de l'administratif à la vigne en passant par la cave ) à Saint-Pierre-la-Mer ( Aude ). Mai 2009. 1) Que représente pour vous le travail? Le travail que je fais au quotidien est dicté par la vigne, les caprices.du temps qui nous font relativiser nos humeurs..Les besoins de la plante sont précis et dictés a chaque saison, a nous de.savoir y répondre pour obtenir les plus meilleurs raisins...Ce travail se choisit et ne peut pas s'imposer, la passion nous réveille.chaque matin et toujours le même objectif d'obtenir les meilleurs raisins.nous guide vers le millésime suivant...Ce travail représente la patience, la difficulté, l'humilité et la force de.caractère de chacun. La vigne nous manque quand on la fuit quelques jours,.nous agace lorsque nous sommes fatigués et nous récompense aux vendanges si.nous l'avons observée toute l'année et si nous avons veillée a son bon.développement...C'est autant un milieu masculin : les hommes et les ceps que féminin : les.femmes et cette grande dame la vigne... 2)Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? J'ai en effet choisi ce travail, je ne suis pas née dans les vignes mais.avec les chevaux. Dans tous les cas, a la campagne, et proche de la nature,.dans une famille qui apprécie la gastronomie et donc les vins...J'ai décidé de travailler dans le milieu viticole en école d'ingénieur,.passionnée de chimie, j'ai étudié la physionomie de la plante, la chimie du.vin et j'apprends tous les jours aupres de mes pairs ce metier de vigneron.si complet... 3) Vous y consacrez combien de temps? Le temps, aie, question épineuse, pour moi pas assez, pour ma famille.beaucoup trop (tout mon temps)!! Nous avons des périodes de repos en meme.temps que la vigne, mais de la plante a la bouteille vendue les étapes sont.nombreuses et 24h par jour a raison de 365 fois par an, nous manquons.toujours de temps pour faire tout ce que nous aime

Narbonne Plage, Aude, France - 17/05/2009

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0333722

Gilles Batselier, 57 ans, fonctionnaire de police à la retraite. 1) Que représente pour vous le travail ? Je travaillais au laboratoire de la Préfecture de Police de Paris, rue Dantzig, comme agent de service. Je réceptionnais les colis, distribuais le courrier, vérifiais la nourriture pour la cantine. J'apportais aussi le courrier à la Poste. J'y suis resté dix-neuf ans. Je suis en préretraite depuis 1998. Ma retraite aujourdhui ne me suffit plus. Lorsque jai payé mon loyer et ma facture EDF je n'ai plus rien. Alors je fais la manche dans le Marais, rue de Birague ou bien au 56 rue des Tournelles, là où se trouve le studio d'enregistrement de Michel Jonasz. Il me laisse toujours un billet quand il me voit sur le trottoir. Je rends aussi de petits services pour des bars du quartier. Je vais chercher le pain par exemple. 2) L'avez-vous choisi ? Non, je voulais entrer la RATP. J'ai réussi le concours mais j'étais inapte à cause de mon handicap. Je suis hémiplégique de tout le côté droit. La mairie de Paris m'intéressait aussi, mais finalement jai choisi la Préfecture de Police où jai passé le concours. J'ai eu 78 sur 100. 3) Combien de temps y consacrez-vous ? Je travaillais de 8heures 30 17 heures 30 avec une pause d'une heure et demie, mais mon chef était coulant lorsqu'il n'y avait pas trop de travail. J'habitais place d'Italie chez ma mère lorsquelle était concierge à la Banque de France. Puis elle a pris sa retraite et elle est partie vivre en province. J'ai déménagé pour le XIIe arrondissement. C'était en 1998.

Paris, France - 18/11/2010

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0341855

Eve Boccara, 34 ans, rédactrice en chef adjointe de "la Gazette du Palais". 1) Que représente pour vous le travail ? Le travail représente, de manière symbolique, énormément de choses. Il est connecté à ma vie de manière permanente. Trop ? Par définition, le travail de journaliste est indépendant des horaires. C’est ce qui m’a attirée chez lui. La notion de liberté qui lui est associée. Et aussi la passion qu’il implique. Mon métier est pour moi à l’opposé de ce qu’on entend spontanément par « travail ». Il n’est ni un poids, ni une obligation, ni une manière de me nourrir. Il est source de grand nombre de plaisirs de ma vie, de mon quotidien, il est à l’origine d’un nombre incroyable de rencontres et de réflexions personnelles. Il n’y a pas véritablement des heures où je travaille et des heures où je cesse de travailler. En tout cas, je ne le conçois pas comme ça et je crois que c’était cela, mon objectif, quand j’étais plus jeune. Non pas être riche, mais être libre. Avoir le luxe incroyable de ne pas subir de longues heures quotidiennes en guettant la pause café, la fin de journée, le week-end ou les prochaines vacances. En cela je me sens extrêmement privilégiée. Mon travail a un autre avantage, certainement lié à ma personnalité : il me permet de ne pas « attendre » des autres mais d’être celle qui décide de donner. Le journaliste est sans cesse recherché par celui qui veut la lumière. Mais le lien n’existe pas dans l’autre sens. En cela, il constitue un certain confort. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? En classe de sixième, j’avais écrit sur ma fiche que je voulais être « proffesseur de danse », avec deux f, ce qui m’avait valu les foudres de mon professeur justement, mais celui de français. En cinquième, j’ai écrit « journaliste » et je n’ai plus jamais changé d’avis. Pourquoi ? Difficile de répondre. Peut-être ce métier était-il associé à l’indépendance et la liberté. J’ai un oncle journaliste. Il vivait à Paris, alors q

Paris, France - 01/04/2011

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0344141

Eric Michel, 45 ans, romancier 1) Que représente pour vous le travail ? Tout dépend ce qu'on entend par travail. S'il ne répond qu'à des impératifs économiques, ce qui est malheureusement le cas pour la plupart d'entre nous, la soumission et l'aliénation. Bien sûr, on peut trouver un certain épanouissement dans le travail et il est aussi un effort méritoire pour participer à la vie de la société. Encore faut-il, pour réaliser cette vision idéale du travail, lui donner du sens, ce qui supposerait de reconnaître et de valoriser le travail de chacun, si humble soit-il. Et qu'il ne soit pas qu'alimentaire. Outre les bas salaires, l'une des raisons de la souffrance au travail touchant nombre de citoyens provient de la division infinie des tâches. Cela engendre le sentiment - justifié - de ne pas avoir de prise sur l'ensemble du processus de production. De n'être qu'un pion. De servir le travail plus qu'il ne nous sert. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui ? Oui. Car si l'on perd en sécurité - pas de fiche de paie mensuelle - en exerçant une profession artistique, on y gagne en liberté. Dans mon travail - hors l'édition - je maîtrise l'ensemble du processus de production qui aboutit à un livre. J'ai choisi d'écrire car cette profession donne plus qu'aucune autre du sens à mon existence. Chaque fois que je commence un livre, la question du sens est d'ailleurs la première que je me pose. Je ne commence à écrire que lorsque j'ai acquis la certitude que le roman entrepris contribuera à lever le voile sur un point de l'histoire humaine encore peu éclairé. Cela vient de ce que j'écris pour être la voix des "sans-voix". Il me semble que c'est la moindre justice pour les perdants de l'histoire que de vaincre en littérature... 3) Combien de temps y consacrez-vous ? Difficile de quantifier le temps passé à créer une oeuvre. Il y a le "temps perdu" en réflexion pour cerner un sujet, la façon dont on l'abordera, tout le "travail sans geste" destiné à pr

Les Lilas, Seine Saint Denis, France - 13/04/2011

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0333766

JJean-Marc Cheminat, 57 ans, informaticien au chômage. 1) Que représente pour vous le travail ? Je ne peux pas vivre sans travail. Ca me permet de m’épanouir, de grandir, d’approfondir mes connaissances. Pour moi, ce n’est pas une charge, c’est un plaisir. Le salaire ne m’intéresse pas, ce qui compte c’est ce que le travail m’apporte humainement, les rencontres qu’il me permet de faire. Mon seul regret, c’est de ne pas avoir fait de Grande Ecole. Un diplôme prestigieux m’aurait sans doute mieux protégé. En 1987, lorsque je travaillais chez France Telecom, j’ai créé un système de surperviseur de réseau, et je ne sais pas pourquoi, peut-être par jalousie ou par peur que je le remplace, mon chef m’a cassé, démonté, humilié. Je savais qu’il était incompétent pour le poste qu’il occupait, mais il avait fait une Grande Ecole et il avait été embauché par copinage. 2) Avez-vous choisi votre travail? Oui, cependant j’aurais voulu continuer les mathématiques, faire Maths Sup. Mais mes parents ne pouvaient pas suivre financièrement. J’ai réalisé de beaux projets et j’en suis fier. Pour Thomson par exemple, j’ai créé une chaîne de contrôles de qualité sur des composants électroniques à usage militaire. Maintenant, et depuis dix ans, je suis au chômage sans aucune indemnité. J’effectue des petites missions notamment comme formateur Weblogic Oracle pour des banques. Ces missions sont trop rares pour que je m’en sorte. C’est pour ça que je vis au jour le jour en dormant à l’hôtel sans savoir si je pourrai y être le lendemain. Je suis trop vieux pour les entreprises alors que j’ai envie de faire tellement de choses. 3) Combien de temps y consacrez-vous ? Le travail me prenait tout mon temps. C’était une passion. Même à la maison je continuais à travailler et, comme je suis célibataire, ça ne posait pas de problème.

Paris, France - 19/10/2010

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0166702

Frédéric Poitou, 45 ans, ingénieur, docteur ès sciences, chimiste expert, gérant de société, maire adjoint à Coudoux (Bouches-du-Rhône), conseiller communautaire, délégué départemental de la Fédération Commerce et Industrie. 1) Que représente pour vous le travail ? Le travail représente pour moi, après la famille, une composante importante de mon identité sociale. C'est une activité très importante, vecteur d’épanouissement et de réalisation personnelle. Le travail permet par ailleurs, et cela est lié à mon histoire personnelle, jalonnée de décisions judiciaires injustifiées qui m'ont privées de mon fils, une occasion d'influer moi-même sur mon destin sans en appeler à d'autres référents. Par mon travail, j'influe sur ma propre vie, et je l'oriente. Elle me procure des satisfactions intenses, que je ne dois qu'à moi, et que personne d'autre ne peut juger. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? J'ai choisi mon travail en créant ma propre entreprise en 2003. Cette entreprise, unique au monde, prépare des extraits de plantes rares pour les grands restaurants gastronomiques. J'ai choisi ce métier, car il me permettait d'utiliser mes compétences professionnelles scientifiques en les adaptant à une profession de créatifs. 3) Vous y consacrez combien de temps ? Entre mes responsabilités politiques et professionnelles, cela représente à ce jour plus de douze heures de travail par jour, que je répartis sur des journées de huit à neuf heures entrecoupées d'obligations familiales, puis un travail nocturne intense. Je travaille régulièrement les week-ends, sauf deux moments de la semaine que je consacre à des réflexions plus spirituelles ou philosophiques.

Coudoux, Bouches du Rhône, France - 04/09/2008

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0333730

Mohamed Rouagdia, 47 ans, ancien photographe, sans emploi. 1) Que représente pour vous le travail ? Une forme de liberté et d'équilibre mental. Complètement Indispensable, et qui devrait normalement être épanouissant. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui ? Oui, et avant d'être photographe, j'ai fait quelques boulots alimentaires : coursier, antiquaire etc. Je suis devenu photographe en 1993 : portraits, scènes de rue. J'étais passionné par les rencontres que je faisais, c'était un miroir et une fenêtre. Je travaillais avec une chambre 20x25, un vrai bonheur. Je vendais mes photos aux particuliers, aux boutiques de coiffure pour les portraits et je faisais aussi des soirées mondaines. Les invités m'achetaient mes photos, c'était rentable. 3) Combien de temps y consacrez-vous ? Beaucoup de temps. Mais depuis le début des années 2000 je suis en Dépression. Il paraît que c'est héréditaire. Je suis sous médicaments jour et nuit et les effets secondaires font que j'ai perdu vingt-trois dents et mon cancer du rein n'a rien arrangé. Quatre interventions chirurgicales très lourdes en deux ans. Depuis, c'est vraiment galère. Je ne peux plus travailler, j'ai vendu tout mon matériel photo et maintenant je vis chez ma mère. Je ne vois pas le bout du tunnel.

Paris, France - 04/12/2010

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0170421

Charles-César d'Amat, 30 ans, producteur de télévision. 1) Que représente pour vous le travail ? La possibilité de laisser une pierre à l'édifice construit par les générations passées. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? Oui, et il m'apporte chaque jour son lot de surprises et de satisfactions. Depuis que j'ai créé Art XVI Productions en 2005, nous avons quadruplé notre rythme de croissance et aujourd'hui nous avons une quinzaine de collaborateurs. Art XVI Productions est une société de production audiovisuelle, spécialisée dans le programme court télévisé, le film d'entreprise, l'interview, le film événementiel et corporate, la captation live et l'animation 3D. "Face à l'auteur" et "Un jour, un mag", pour la télévision, ont dévoilé notre savoir-faire pour ce genre de support. La diffusion de nos émissions sur le web est en pleine expansion, par exemple "Skoda Mag" ou bien "Hachette". J'étais à bonne école en ayant travaillé chez M6 Distribution et après avoir monté la chaîne de télévision LIVE 1 pour le groupe Lagardère, j'étais formé pour fonder Art XVI Productions. 3) Vous y consacrez combien de temps ? Pas assez encore. Plus sérieusement, pratiquement tout mon temps. C'est ma famille, je grandis et je m'épanouis avec elle. Et en plus, depuis 2007, Eric Revel (rédacteur en chef de LCI ) m'a fait rentrer au MEDEF et aujourd'hui je fais partie, par conviction, des Jeunes Entrepreneurs de ce syndicat et cela me prend aussi beaucoup de temps.

Paris, France - 24/01/2011

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0333769

Hugues de Rosière, 55 ans, réalisateur documentariste. 1) Que représente pour vous le travail ? Le travail est pour moi un moyen d'être et d'avoir. Ayant été un piètre élève, il m'a construit, m'a appris, et m'a beaucoup pris... Avec l'âge, je n'aspire plus à être plus et avoir plus que par mon travail. J'aspire à une forme d'hédonisme et si j'en avais les moyens, je tenterais volontiers l'expérience d'une vie sans travail ou plus exactement d'une vie sans travail rémunéré. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui ? Oui, j'ai choisi mon travail et je ne le regrette pas. Je ne pense pas avoir eu une vocation chevillée au corps dès mon premier âge. A 20 ans, j'avais envie de réaliser des films sans savoir exactement en quoi cela consistait. A 38 ans, j'ai réalisé mon premier documentaire. Le passage du rêve à la réalité a pris du temps car je pense qu'accéder à son désir n'est possible qu'une fois ce désir bien compris. 3) Combien de temps y consacrez-vous ? Sur une vie, le temps dans ce métier est une notion très floue et je suis bien incapable de dire combien de temps par semaine je consacre à mon travail. Je parlerai plus de temps psychologique, de la place qu'il occupe dans la tête même lorsque je ne travaille pas. Et là...ça se compte en siècles! D'où peut-être cette envie d'hédonisme...

Boulogne-Billancourt, Hauts de Seine, France - 21/12/2010

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0182563

Frère René Gaillard, 89 ans, moine bénédictin à l’abbaye Notre Dame de Ganagobie (Alpes-de-Haute-Provence ). 1) Que représente pour vous le travail ? Jésus est venu nous dire que Dieu est Amour et qu’aimer c’est donner sa vie pour les autres. Et, selon Saint Paul, nous ne formons avec les autres qu’un seul corps, dont Jésus est la tête et dont nous sommes les membres. Sans nous en rendre compte vraiment, nous sommes liés les uns aux autres. Donc, je ne suis pas seul à profiter de mon travail, mais tous en profitent, de même que je profite du travail des autres. Le travail est une nécessité pour que nous puissions vivre. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd’hui ? Je ne sais pas bien. Je n’ai pas choisi ce que je devais faire comme métier jusqu’au jour où je me suis dit : "Je vais me faire prêtre pour parler de Dieu aux gens". Et je l’ai été, après cinq ans de séminaire. Une trentaine d’années plus tard, j’ai eu envie de devenir moine et je le suis devenu. Pourquoi ai-je fait ce choix ? Je ne sais pas bien. Simplement, je sais que je suis heureux dans ma vie monastique. J’espère de tout mon coeur qu’elle est conforme à la volonté de Dieu. 3) Combien de temps y consacrez-vous ? Cela dépend de ce qu’on appelle travail. L’office divin me prend environ quatre heures par jour. Je crois que cela n’a rien de péjoratif de dire que c’est un travail : il y a don de soi, effort pour aller à Dieu. C’est même le travail le plus important qui puisse exister. Le tout est de le faire bien. Ce n’est pas évident. Concernant les services à rendre pour la vie pratique du monastère, je ne peux plus faire grand chose à vrai dire, à part écrire des lettres. C’est un service très important. Ca me prend, mettons, une heure par jour. Enfin, j’ai un travail d’ordre juridico-administratif pour la communauté, qui doit me prendre deux heures par jour. Peut- être moins. Au total, faut-il parler d’une cinquantaine d’heures par

Ganagobie, Alpes de Haute Provence, France - 21/11/2008

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0333794

Christine Barriquault, 46 ans, gérante de l'entreprise Diffusion Directe (vente de matériel agricole) à Saint-Jean-d'Angély. 1) Que représente pour vous le travail ? Le travail peut et doit être passionnant pour mon équilibre de vie, mais il peut être envahissant et devenir un handicap pour cet équilibre, justement. 2) L'avez-vous choisi ? J'ai fait des études pour devenir hôtesse, puis j'ai débuté dans l'entreprise familiale, au départ sans "plan de carrière". Puis le travail m'a "choisie" jusqu'au point de prendre la responsabilité de l'entreprise. 3) Combien de temps y consacrez-vous ? Je ne calcule pas mon temps de travail. Il y a toujours une raison d'être présente ou de ne pas être absente... Au fond, la liberté du chef d'entreprise n'est souvent qu'un leurre.

Saint Jean d'AngŽly, Charente Maritime, France - 23/10/2010

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0344693

Edward d'Amat, 30 ans, trader. 1) Que représente pour vous le travail ? C'est essentiel. La volonté de réussir quelque chose. Le travail est le moyen de se réaliser, de s'exprimer, de construire et bien sûr de se connaître mieux. Soit on le subit, soit on l'aime. Le travail permet d'avancer, comme un artiste fait son oeuvre. On peut y être très heureux ou bien malheureux. Si on l'aime cela rend plus intelligent, c'est motivant, on est en vie et on existe vraiment. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui ? Oui, réellement! Ingénieur de formation, j'ai toujours eu un sens physique, c'est-à-dire chercher à comprendre les mécanismes de la nature. C'est en faisant un master de finances que j'ai découvert le monde de la bourse. Il s'agissait de connaitre la valeur des choses et d'anticiper. J'ai vraiment aimé cela. Ce métier est très stimulant par son intensité. Il faut travailler dans l'instant mais pas dans la précipitation, bien entendu, car l'erreur ne pardonne pas. Je comparerais mon travail à un skipper de bateau de course, savoir comment son bateau réagit au vent et à la mer pour pouvoir le pousser au maximum de ses limites sans chavirer. Un véritable challenge. On ne maîtrise pas les événements qui peuvent avoir une influence sur les marchés, le 11 septembre 2001 ou le tremblement de terre au Japon par exemple. Il faut réagir à l'instant, très vite, on a l'impression d'être au coeur du monde. 3) Combien de temps y consacrez-vous ? Tous les matins, en me réveillant, je regarde sur mon téléphone portable l'état du marché, c'est devenu un réflexe. La moyenne, c'est douze heures par jour mais lorsque je quitte le bureau, je débranche.

Paris, France - 13/04/2011

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0343787

Louis Richebé, 58 ans, mécanicien et constructeur de matériel d'imprimerie d'art. 1) Que représente pour vous le travail ? C'est d'être content d'y aller le matin, même si en ce moment c'est très difficile depuis la première guerre du Golf et l'avènement de nouvelles techniques. Il y a du travail mais la filière est complètement désorganisée. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? Oui, je l'ai presque créé ou réinventé. Le métier de constructeur-mécanicien est en voie de disparition... Je suis donc un autodidacte, j'ai appris ce métier jeune, tout seul dans mon atelier que j'ai créé à l'âge de 17 ans et je me suis orienté vers l'impression d'art. La technique artisanale au service du monde de l'art, c'était et c'est toujours ma passion. Mon père était ingénieur, j'ai vécu dans un monde industriel et artisanal de haut niveau. La synthèse entre un savoir technique et le monde de la gravure. Je fabrique des machines à imprimer en fonction des demandes d'artistes, de leurs finances et de leurs choix artistiques ( des machines qui n'existent pas ). Je répare les machines existantes encore en service, presses tailles douces, bêtes à cornes ( 1788 ) etc... 3) Combien de temps y consacrez-vous ? En ce moment pas énormément de temps mais il m'arrive d'y passer 24 heures sur 24. J'ai passé quatre mois à New York construire une machine de A à Z pour Kenneth Tyler ( Tyler Graphic LTD ), un des plus grands atelier d'imprimerie d'art aux USA. Mes clients habitent la "Terre".

Bagnolet, Seine Saint Denis, France - 23/03/2011

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0166689

Jean-Marie Seren, 54 ans, responsable comptable et fiscal d'une entreprise dans secteur du luxe. 1) Que représente pour vous le travail ? Dépasser le besoin strictement alimentaire. Le travail est tout d'abord structurant dans sa vie, son fonctionnement intellectuel et son environement social. Il peut autoriser un certain ou un grand accomplissement de soi et nous amène à évoluer (psychologiquement, compétences, etc.). C'est aussi un lieu de confrontation où l'adage "la réussite n'a que des parents et l'échec est orphelin" prend toute sa signification. Ne pas oublier que les années de solidarité sociale au travail sont derrière et que l'isolement est aujourd'hui de mise pour ceux qui y rencontrent des difficultés. Le travail est ainsi le lieu où le meilleur et le pire se côtoient : bon courage et good luck! 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? Oui, secteur, entreprise et fonction choisis. 3) Vous y consacrez combien de temps ? De dix à douze heures par jour. Parfois, cinq à six heures le week-end pour des dossiers urgents.

Paris, France - 05/09/2008

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0341047

Dikran Dadérian, 82 ans, artiste peintre et graveur. 1) Que représente pour vous le travail ? Sans travail on ne peut vivre. Le travail c'est le bonheur équivalent de la nourriture. 2). Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui ? J'ai choisi l'enseignement et la peinture depuis mon jeune âge et jusqu'à maintenant. Je peins, je fais de la gravure et je donne des conseils aux peintres. Lorsque j'étais enseignant, entre les années 50 et 70, c'était très honorifique. 3) Combien de temps y consacrez-vous ? Autant que je le peux.

Paris, France - 03/03/2011

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0333795

Eric Garnier, 36 ans, rédacteur en chef du mensuel "l'Actualité de l'Histoire". 1) Que représente pour vous le travail ? Enfant, je voulais être curé pour ne travailler que le dimanche, alors autant vous le dire, je n’abordais pas le travail comme un plaisir. Je me disais que ce n’était qu’une contrainte, un moyen, mais en aucun cas quelque chose de positif. Heureusement, j’ai la chance de faire aujourd’hui un métier qui me passionne. Ma vision du travail a donc radicalement évolué grâce à cela. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? Non. Ce n’est qu’une succession de hasards et de rencontres. Jeune, je rêvais, tel Kersauzon, de traverser les océans. La vie en a voulu autrement. Je me suis donc tourné vers le commerce et j’ai été engagé après mes études dans une agence de presse. J’ai commencé comme vendeur. Je passais mes journées, mes photos sur le dos, à aller de rédaction en rédaction pour présenter mes sujets. C’était un job qui ne me correspondait absolument pas mais qui a eu le mérite de me faire découvrir un monde fascinant : celui de la presse. Après, j’ai eu beaucoup de chance. Deux photographes célèbres et un grand éditeur m’ont fait confiance et, chacun à leur manière, m’ont fait découvrir le métier. De la vente, je suis passé à la conception des reportages puis à l’écriture et au journalisme. Aujourd’hui, je suis rédacteur en chef de "l’Actualité de l’Histoire" et je sais enfin le métier que je voulais faire : le mien ! 3) Vous y consacrez combien de temps ? Beaucoup de temps, peut-être même trop, mais avec un bouclage chaque mois et quelques livres à écrire tous les ans, je n’ai vraiment pas le temps de chômer. Cela dit, je ne vais pas me plaindre. C’est, à mon sens, le plus beau métier du monde !

Paris, France - 03/01/2011

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0340979

Pascal Despres dit "Galou", 56 ans : "Je suis le mendigot du RER B". 1) Que représente pour vous le travail ? C'est important, c'est ce qui donne accès à tout. C'est une sécurité pour la vie. J'ai plus connu le monde de la prison que celui du travail, une fois sept ans et une autre cinq ans. Dès l'âge de 14 ans, j'ai commencé par des larcins, des cambriolages puis ensuite des braquages. J'ai fait pleurer ma mère lorsqu'elle venait me voir au parloir. C'est pour ça que je me suis fait tatouer des larmes au bord des yeux. Je m'en veux encore aujourd'hui. 2). Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui ? Je ne travail plus depuis dix ans. J'ai pété un câble au moment de la mort de mon fils Angelo, plus rien n'avait d'importance. Après la prison, j'ai travaillé dans le bâtiment mais la boite a fermé et en plus ne me payait plus depuis un bon moment. Mon travail aujourd'hui, c'est la manche dans le train, le RER et le métro. La ligne Saint-Lazare-Versailles a été l'une des meilleures que j'ai faites. Aujourd'hui Gare de Lyon-Laroche Migennes est la meilleure avec le RER B. Le tramway est très mauvais pour la manche, il y a trop de vieux. Faire le mendigot est un vrai boulot, surtout aujourd'hui avec tous les mendiants qu'on croise partout. Respect, politesse et savoir faire rire les gens. Ceux du matin, l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, sont plus réceptifs à mon discours qui est long et souvent drôle, lorsque je commence la manche dès 8 heures. Je leur raconte qu'il faut que je paie ma chambre d'hôtel avant midi et qu'ensuite j'aille chercher du boulot etc. 3) Combien de temps y consacrez-vous ? Le matin, de 7 heures 30 à 9 heures, je me fais dans les 100 euros et le soir pareil, entre 17 heures et 20 heures. Boulot quand même facile, il m'arrive souvent de boire ce que je gagne mais après j'y retourne.

Paris, France - 04/03/2011

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0168523

Samir BEN, 35ans, gérant d'une brasserie. 1) Que représente pour vous le travail ? Je dirais que le travail est vital pour le moral et la santé et en étant franc, sans travail on meurt de faim. Il permet d'être socialement libre et donne un équilibre. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? Pas forcément mais je le fais avec passion. Je gère ma brasserie comme une entreprise, il faut gérer les clients, la comptabilité, je commence à 10 heures pour finir vers 2 heures du matin. 3) Vous y consacrez combien de temps ? Entre douze et seize heures par jour. Il est très dur de se reposer, il y a toujours un souci qui vous empêche de réellement vous reposer pendant les moments de repos. J'essaie de consacrer du temps à ma famille et j'y arrive surtout pendant les vacances d'été, quinze jours, une fois par an.

Paris, France - 19/09/2008

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0166730

Gaële Nicolas, 43 ans, opératrice sur synthétiseur de caractères et monteuse d'images. 1) Que représente pour vous le travail ? Le travail doit lier plusieurs facettes : la découverte, l’indépendance, les rencontres, la possibilité de se déplacer…Tout ceci est non-exhaustif. Il y a pour moi les notions de plaisir, de surprise, de projet, parfois de peur à dépasser et même si derrière tout cela les contraintes ne sont jamais loin. Le travail doit avoir un sens et il passe nécessairement par une forme d’expression. Je suis une visuelle et n’étant pas très à l’aise avec les mots, j’ai trouvé par l’image une forme d’expression non verbale, plus instinctive, intuitive. Mais au-delà du lien social que génère le travail, il permet de se structurer, de se situer par rapport aux autres et à soi-même. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? Oui, je l’ai choisi. Mais avant celui-là, j’ai eu d’autres parcours professionnels. J’ai une formation de base et une pratique comme modéliste dans le vêtement. Et suite à différentes périodes de chômage (le textile ayant été un des premiers secteurs à subir des délocalisations), je me suis réorientée en passant par une formation audiovisuelle en prise de vues et montage d’images. Pendant les quatre ans de démarches pour obtenir cette formation, je suis revenue à mes premières amours d’enfance et d’adolescence, la danse, par le biais de l’enseignement et de la scène. De ces différentes expériences, ce sont des mondes qui se sont ouverts à moi. Ils m'ont permis de me confronter aux autres, d'apprendre la rigueur, de développer mon imaginaire. Mon travail, aujourd’hui, est dans la continuité de tout cela. 3) Vous y consacrez combien de temps ? Une part importante de ma vie. Je fais peu de séparation entre la vie et le travail. C’est intimement lié. D’un côté, je travaille au cachet dans le secteur audiovisuel. Pratiquement tous les week-ends et parfois en semaine, je me dé

La Garde Adhémar, Drôme, France - 01/05/2010

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0166690

Catherine Gouttefange, 42 ans, réalisatrice de films documentaire. 1) Que représente pour vous le travail ? Une activité qui relève du nécessaire. Dans l'idéal, il réunirait ces deux fonctions : celle de donner à apprendre, à comprendre, à évoluer et celle de pourvoir aux besoins financiers de la vie quotidienne, au pire élémentaires, au mieux beaucoup plus. Au quotidien, les deux ne sont pas systématiquement compatibles. Une des conséquences du travail pourrait être une forme de reconnaissance, d'utilité publique. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? Oui, mille fois oui. Ca n'a pas été facile, et le conserver l'est encore moins quand on a certaines exigences. Mais je ne pourrais pas envisager de ne plus faire de films... 3) Vous y consacrez combien de temps ? En dehors des temps sacrés consacrés à la famille, aux amis et à mon bien-être, la totalité du reste de ma vie. Ce qui est très variable. Cela peut être deux mois sans travail ou trois mois à quatre-vingt seize heures par semaine. J'ignore s'il est possible de faire une moyenne. J'ai cependant l'intime conviction que le travail doit se faire par intermittence pour ne pas tuer l'homme dans l'oeuf. J'ai du mal à imaginer la totalité d'une vie professionnelle basée sur des horaires, des semaines, des mois et des actes immuables : ça, ce serait le bagne. La mort de l'individu. Ou alors, un sacré lavage de cerveau, un embrigadement, une aliénation.

Lussas, Ardèche, France - 23/08/2008

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0340944

Catherine Garnier, 44 ans, directrice de communication. Que représente pour vous le travail ? Quelle bien étrange question ! Je crois que je ne me la suis jamais posée. Il aura fallu que je vous rencontre pour me pencher sur le sujet. Et plus je m’y penche, plus la réponse me paraît difficile à formuler. D’un côté, c’est une formidable opportunité de satisfaire ma curiosité d’esprit, d’échanger avec des personnalités de tous horizons, d’imaginer et de réaliser des projets de toutes tailles, de prendre des responsabilités. A l’inverse, lorsque les conditions sont difficiles, que le stress, les conflits et les tensions s’accumulent, cela peut devenir une source de frustration éprouvante. Lorsque je n’ai plus de marge de manœuvre suffisante pour prendre des initiatives ou mettre en œuvre de nouvelles idées, mon moral descend en flèche. Quoi qu’il en soit, j’aurais beaucoup de mal à y renoncer, sauf à trouver une autre forme d’activité pour que mes neurones continuent de fonctionner. Je mesure à quel point c’est une chance de ne pas avoir à vivre le travail comme un pensum… pour l’instant en tout cas. Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd’hui ? Oui et non. Très jeune, j’étais passionnée par la politique. En famille, on commentait beaucoup l’actualité et puis j’avais une certaine forme d’hérédité puisque mon arrière-grand-père était sénateur. Pourtant après mes études, j’ai un peu fréquenté ce milieu et j’ai vite compris qu’il ne me correspondait pas. Trop calculateur à mont goût ! Alors, j’ai accepté un poste de chef de produit dans une banque, sachant à peine quelle allait être ma mission. Bien m’en a pris car je me suis passionnée pour le marketing et surtout pour la communication. Et ensuite, même si les parcours professionnels ne sont jamais complètement rectilignes, j’ai tout fait pour continuer dans cette voie. Après, ce sont les hasards et les opportunités qui m’ont permis d’arriver au poste que j’occupe aujourd’hui. Combien de temps consa

Paris, France - 05/02/2011

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0166692

David Barrat-Arnal, 38 ans, serveur dans un restaurant parisien. 1) Que représente pour vous le travail ? Le travail représente pour moi une ouverture permanente sur le monde et un apprentissage quotidien de la vie, parce que mon métier me fait côtoyer, chaque jour, beaucoup de personnes diverses. Il représente aussi une sorte de continuité familiale, car je suis dans l'hôtellerie et mes grands-parents maternels étaient hôteliers. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? Oui, dès l'âge de 14 ans. 3) Vous y consacrez combien de temps ? En raison du métier que je fais, je consacre beaucoup de temps à mon travail qui m'occupe du matin au soir, y compris et surtout à l'heure des repas, où je partage la vie des gens, ces moments étant habituellement consacrés à la vie familiale.

Paris, France - 13/08/2008

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0166694

Véronique Cassarin Grand, 46 ans, assistante de Jean Daniel au Nouvel Observateur. 1) Que représente pour vous le travail ? Le moyen d’assurer mon indépendance, d’être utile socialement et de m’enrichir intellectuellement. 2)Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui? Je n'ai pas vraiment choisi ma formation initiale, mais ma fonction m'a toujours permis de travailler dans des univers qui m'intéressaient et de côtoyer des personnalités hors du commun. J'ai toujours eu envie de travailler dans la presse. C'est passionnant. 3) Vous y consacrez combien de temps ? De 7 à 8 heures par jour et quelques heures le week-end quelquefois

Paris, France - 03/09/2008

 

François-Xavier Seren / Picturetank FXS0333744

Saïd-André Remli, 53 ans, "consultant en prévention, prison et réinsertion et puis accessoirement, réalisateur et écrivain..." 1) Que représente pour vous le travail? Dans l'absolu, le travail devrait permettre à tout un chacun d'exprimer pleinement ses choix, ses combats. C'est rarement le cas. Bosser sur une chaîne, en usine, n'apporte pas grand chose. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui ? Oui. Après vingt-trois ans d'emprisonnement, je suis devenu consultant en prévention, prison et réinsertion. Je suis aussi ingénieur du son, régisseur de production et réalisateur (j'ai réalisé un film documentaire, "Tous coupables", sur l’état des lieux de la situation carcérale en France) et écrivain (je suis l'auteur de "Je ne souhaite cela à personne", manuscrit autobiographique édité au Seuil en janvier 2010). J'ai même formé de futurs capitaines de voiliers avec équipage et passagers... Comme directeur du C.A.R.D. (Comité d’Aide à la Réinsertion des Détenus), j'ai fait de la prévention, de l'accompagnement du jour de l’incarcération, puis tout au long de l’emprisonnement jusqu’à la sortie, et après la sortie, de personnes en marge de la société. A ce jour, et ce depuis 1998, aucune récidive ne s’est déclarée concernant les trente-huit personnes que nous avons pu accompagner. J'ai aussi été chef de projet pendant deux ans (2007 à 2008) pour l’association « Cœur des Haltes » et j'ai mis en place à Ivry-sur-Seine le « Village de l’Espoir » qui accueille une soixantaine de personnes en difficulté. Mes seules vraies compétences, je crois, sont liées au monde de la délinquance, de la prison, de la réinsertion. Donc oui, mon travail aujourd'hui me convient. Je peux travailler sur ce qui me touche et être rémunéré pour cela. 3) Combien de temps y consacrez-vous ? Vingt-cinq heures par jour sans compter le temps que je passe avec mes enfants (des jumeaux de 8 ans, et un troisième fils de 6 ans ), tous

Arcueil, Val de Marne, France - 17/12/2010

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0343735

Catherine Petitjean, 55 ans, personnel navigant commercial à Air France, chef de cabine. 1) Que représente pour vous le travail ? Rien, sinon une liberté financière, une liberté humaine, une liberté de femme. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd’hui ? Je ne l’ai pas vraiment choisi, c’est lui qui s’est imposé à moi. Je l’ai adopté comme une continuation de mon enfance et de ma jeunesse déracinées (je suis née en Afrique). Ce mode de vie m’a permis de découvrir des horizons différents, parmi lesquels la culture et la médecine chinoises. 3) Combien de temps y consacrez-vous ? Ayant choisi de travailler en temps alterné, je consacre les mois où je ne travaille pas à me former dans le domaine des médecines alternatives, la médecine chinoise et le shiatsu, en vue de démarrer mon nouveau projet de vie lorsque je vais prendre ma retraite.

Orly, Val de Marne, France - 28/03/2011

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0354166

André Mandot, 58 ans, chef d'entreprise de BTP. 1) Que représente pour vous le travail ? Malgré un travail très dur, c'est une envie de bien faire, de réussir dans le temps et de satisfaire une clientèle qui mérite le respect et l'honnêteté. C'est important pour moi cette notion d'honnêteté envers mes clients. 2) Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd’hui ? Non, j'ai été mal aiguillé lorsque j'étais au collège en 68. Je suis parti du centre d'examens le jour où je passais un Bac technique et le lendemain j'étais au boulot comme laveur de vitres, d'abord un an chez un patron puis sept ans à mon compte. J'ai appris le métier du BTP sur le tas et de fil en aiguille je suis arrivé là où je suis aujourd'hui avec une équipe de six personnes à mes côtés. 3) Combien de temps consacrez-vous au travail ? Dans une petite structure comme la mienne, on peut dire 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 donc très peu de vacances. Une semaine de vacances par an en moyenne voire deux si j'exagère. Mais le temps de travail ne compte pas pour moi tant que l'envie de travailler reste présente.

Paris, France - 24/05/2011

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0341050

Bertrand Galimard Flavigny, 63 ans, "On dit journaliste-écrivain, mais il conviendrait de me qualifier aujourd’hui : chroniqueur-écrivain ". Que représente pour vous le travail ? Une circulation nécessaire à son équilibre, comme le sang du corps humain avec son flux et reflux. Il faut que cela coule et, finalement ce n’est pas toujours évident. Le travail est un combat incessant, une lutte pour progresser et écarter les obstacles. C’est, certes stimulant, mais désespérant à la longue. Toute la satisfaction que l’on peut en tirer est souvent mise à bas par les profiteurs, les mauvais payeurs, les négligents et les règlements administratifs. Travailler n’est plus un droit ni un moyen de produire destiné à contribuer selon ses capacités à l’équilibre de la société ; mais doit reposer sur un profit général immédiat. Pas facile pour la création. Cela compris, il convient de savoir naviguer… Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd'hui ? Assez vite, adolescent, j’avais décidé de devenir grand romancier et grand reporter. Rien que cela. J’avais trouvé dans l’écriture un grand plaisir et je souhaitais voyager. J’ai eu la chance d’être grand reporter, « grand » parce qu’en français « petit reporter » n’existe pas. J’ai ainsi parcouru une partie de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie, suivant le plus souvent des situations de post-conflits que les guerres elles-mêmes. Quant au roman ! Il faut l’avouer, ce ne fut pas une réussite. J’ai tout de même publié une vingtaine d’ouvrages, des essais sur des phénomènes de société et historiques. Combien de temps y consacrez-vous ? Tout mon temps. Du matin au soir. Même si je donne l’impression de somnoler, j’y pense. J’accumule les idées puisées aussi bien dans la vie quotidienne, que dans les livres – mes compagnons indispensables – et elles resurgissent le moment opportun pour alimenter une chronique, un chapitre, une conférence, etc.

Paris, France - 11/01/2011

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0333739

Licht,51 ans, journaliste et consultant en stratégie marketing. 1/Que représente pour vous le travail ? Le travail représente pour moi une formation d'excellence. J'ai effectué près de cinq ans à l'université et dans des classes préparatoires pour parfaire mes compétences en matière d'humanités et de psychologie, de droit et d'histoire de l'art. Bref, un enseignement le plus exhaustif possible, à base de culture générale et de spéculations réflexives : un enseignement d'élite destiné à être prodigué au plus grand nombre : soit pour conduire l'élève vers une plus grande liberté de pensée pour évoluer dans un projet éthique dans le décvryptage de la citoyenneté; soit assumer un rôle d'interface pour donner au lecteur d'un médium écrit le maximum d'informations livrées dans la plus honnête subjectivité quelle doit être l'évolution démocratique d'une société de liberté, une société ouverte comme le dit Karl Popper, afin que les décisions des responsables politiques et économiques soient soumises à de constantes procédures de transparence. Or le travail représente donc ce qu'il symbolise pour la plupart des gens : un pis aller pour revendiquer un statut social, quelles que soient la justesse et la justice de la rémunération. Dans ce contexte de turbocapitalisme où l'on est arrivé à une forme de régression telle que les stagiaires sont privés de couverture sociale, comme des esclaves modernes, le travail est abject dans la mesure où il n'offre pas aux êtres humains de raisons profondes de veiller les uns sur les autres. Que l'on nomme cela humanisme ou christianisme, cette abjection ne saurait durablement conserver sa légitimité. D'autant qu'elle propage déjà des phénomènes de destruction du tissu social et des manifestations de haine, tels que les sursauts de l'extrême-droite en Europe, le dévelopement de l'absentionnisme nous fournissent déjà d'inquiétants signes avant-coureurs... 2/Avez-vous choisi le travail que v

Paris, France - 16/12/2010

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François-Xavier Seren / Picturetank FXS0350557

Jean-Mathieu Gosselin, 51 ans éditeur du groupe éditorial espagnol Edhasa (Barcelone, Madrid, Buenos Aires) 1) Que représente pour vous le travail ? Instrument de torture ou lieu d’épanouissement, pour moi il est l´aboutissement d’une formation jamais achevée. Donc, paradoxalement et heureusement à la fois, il est un aboutissement… jamais terminé. Le travail est aussi une façon de s'intégrer dans la société et d'avoir une vie sociale la plus large possible. Il est aussi un plaisir. Il est une possibilité d’atteindre la satisfaction de bâtir concrètement quelque chose. C’est le bonheur – orgueilleux sans nul doute, ambiteux sûrement – de participer d’un mouvement commun d’amélioration des conditions de vie, tant financières que culturelles de la société. Le travail permet à chacun, lorsqu’il n’est pas aliénation, servitude, ou harcèlement, de se réaliser dans la dignité, d’être reconnu, et de développer le respect de l’humanité qui réside en soi. Et si j’ai pu y arriver dans les différents métiers que j’ai exercés (journaliste, auteur, éditeur, responsable d’entreprise) combien, aujourd´hui ne peuvent le faire en raison d’un salariat sans avenir, d’une précarité chaque jour plus grande, et d’une répartition injuste des résultats de l’entreprise ? Dernier point à ne pas escamoter, le travail est un moyen de procurer de quoi vivre, un moyen de faire vivre les siens, un moyen de ne pas être à la charge de la société ou d’un tiers. Le travail avec ses joies, ses contraintes et ses aliénations (l’aliénation par le travail, c’est le sentiment du travailleur de ne pas se reconnaître dans ce qu’il produit) est la source de subsistance première de tous les hommes. C’est peut-être en cela d’ailleurs que la “valeur travail” a un sens, dans un monde où l’argent est si vite obtenu par la financiarisation de l'économie, dans un monde frappé par la perte de l’application de la notion de courage dans l’activité quotidienne, par le déclin du sens de l’effort et donc par la mise e

Paris, France - 02/05/2011

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